
On connait la situation politique actuelle du Sénégal qui lui aussi est en période d’élection présidentielle : l’opposition, mais au-delà les protestataires, demandent le respect de la constitution et en quelque sorte la disparition du chef d’Etat actuel de la scène politique (l’inverse d’une épiphanie ! voir plus loin). « Ils font état de l’âge du président (86 ans), de sa gouvernance familiale, de la corruption et de ses tentatives de faire de son fils Karim son successeur ». (voir Courrier International)
Le Quotidien, journal sénégalais, explique (dans un autre article proposé par Courrier International) à propos dumouvement populaire : « Y en a marre est aussi une philosophie de l’action qui, plus qu’un changement dans la société, prône un changement radical de société. Pour y parvenir, il faut l’avènement d’un nouveau type de Sénégalais (NTS) imbus des valeurs de progrès économique et social, un NTS qui ne peut être façonné sans une révolution dans les mentalités et les comportements des citoyens sénégalais en général, quelles que soient leurs responsabilités et leurs positions dans la hiérarchie sociale, et des élites politiques et religieuses en particulier. »
Dans les processus de storytelling, la création de nouveaux acteurs, l’émergence de personnages jusqu’alors inexistants, transforme (tente de transformer) le contexte, en l’occurrence socio-politique, dans lequel il représente une apparition ! C’est un must du storytelling ! Émotion et transformation de la scène où il apparait vont de pair. C’est une épiphanie, une épiphanie profane ! Le réel est bouleversé par l’existence de ce personnage qui transforme l’Histoire, voire la civilisation et ses valeurs (chères à vous savez qui… le personnage d’une autre scène politique, qui tente une permanente réapparition, mais c’est une autre histoire). Avec le NTS, on est au coeur de ce storytelling qui a pour ambition implicite de proposer un nouvel horizon de sens.
Voici l’identité du NTS telle qu’elle est discutée sur un mur Facebook ici, et surtout présentée sur Facebook, là (toutes sont probablement « légitimes » ou « cohérentes » – mais quel qualificatif choisir ?) :
« Le nouveau type de senegalais(NTS) doit etre respectueux des normes,regles et lois qui regissent sa societe,un senegalais digne de porter le nom de senegalais par la realisation d’actes patriotiques et civiques.
Description
Le Nouveau Citoyen Sénégalais prend soin de sa propre discipline et cherche à préserver la discipline collective. Il accepte de faire la queue dans un magasin et respecte la distance de confidentialité. En voiture il garde son calme, reste courtois et avenant. Le NtS se soucie de son bien être et de celui des autres…. »
Je ne résiste pas au plaisir de partager ce magnifique texte que j’ai trouvé – ô sérendipité ! en recherchant des exemples d’épiphanie profane. Car il pose la question essentielle du storytelling qui est celle de la constitution de nouveaux horizons de sens, et qui « bouscule ce qu’on appelle d’ordinaire réalité » (p. 224 – 225 de ce texte).
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