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Les analyses « storytelling » du politique commencent à fleurir. En voici une, résolument engagée dans une conception constructiviste narrative de la réalité :

« Nicolas Sarkozy prépare depuis deux ans ses thèmes de campagne au vu et au su de tous. Une campagne qu’il aborde, comme la précédente, en scénariste de fiction. Avec la ferme conviction que celui qui écrit le script fabrique le réel.

« Élysée 2012 », quatre saisons, une arche narrative qui tient en deux phrases : « nous allons sauver la nation de la fracture ethnique et religieuse qui menace son existence ! »

Pour Karim Miské, l’auteur de l’article, les conséquences du dispositif storytelling mis en place sont évidentes :

« Pourtant, faute d’un tel sursaut, la droite et l’extrême-droite garderont la maîtrise absolue du rapport au réel. Elles imposeront leur « storytelling » racialiste, sous les yeux ébahis de la gauche qui verra une fois de plus l’Élysée lui passer sous le nez. La série télé sarkozo-lepéniste dans laquelle nous vivons déjà sera reconduite pour cinq années supplémentaires. Cinq ans durant lesquels les spectateurs-électeurs que nous sommes devront subir les incessants, ineptes, et cependant fascinants rebondissements élaborés par les scénaristes de l’Élysée sans cesse aiguillonnés par ceux du FN. »

Il n’est pas certain que ce thème, certes important, sur la scène des présidentielles, soit le seul à pouvoir nourrir un scénario aux conséquences réelles. On peut penser différemment de l’auteur, mais cet article est à lire, à discuter, et on peut souhaiter que de telles approches de « politique narrative »  se multiplient, car elles permettent de faire émerger des stratégies, des analyses, des réalités qui autrement resteraient voilées

 

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